12 août 2008

A propos de la guerre en Géorgie

Platier, 12 août. Aux confins de notre continent, le conflit russo-géorgien nous rappelle que la paix demeure fragile et que la guerre est une horreur, le pire moyen de régler les différends entre Etats. Il devrait aussi nous inviter à une réflexion sur la défense européenne et l’avenir de l’OTAN. Au lieu de nous interroger sur le bien-fondé d’une réintégration, acquise en fait depuis longtemps, des structures de l’Alliance, mieux vaudrait nous préparer à proposer au futur président des Etats-Unis une réflexion commune sur le rôle de l’OTAN dans l’après-guerre froide. Cela supposerait un débat intense entre Européens, y compris bien sûr avec les nouveaux Etats membres de l’Est. Pour moi, la question fondamentale est de décider si l’OTAN doit demeurer une alliance régionale traditionnelle fondée sur des intérêts essentiellement stratégiques et occidentaux, ou se donner comme objectif la défense de l’Etat de droit, d’abord en Europe, dans notre voisinage et, dans la mesure du possible, partout dans le monde. La deuxième formule me parait la seule défendable à long terme. Elle devrait conduire à ouvrir une Alliance devenue multipolaire à celles des puissances émergentes qui ont choisi ou choisiraient, sinon la démocratie, du moins l’Etat de droit. L’évolution de la Russie serait peut-être moins inquiétante si un réel partenariat stratégique avec l’Alliance lui avait été offert. Qu’attendons-nous pour établir, sur cette base, des relations étroites avec le Japon, l’Inde, l’Afrique du Sud, les démocraties latino-américaines ? Ne serait-ce pas le meilleur moyen d’éviter ce conflit des civilisations tant redouté et de préparer la nécessaire et toujours différée réforme des Nations-Unies ?

2 commentaires:

Torchlight a dit…

J'ai une idée encore meilleure : abolir l'OTAN totalement.

Bernard Levasseur a dit…

J'adhère entièrement à cette analyse et aux propositions qui en découlent. Il est inquiétant de constater que personnel et partis politiques, en Fance et aileurs, sont incapables de prendre le recul et la hauteur de vue nécessaires pour aborder ce genre de questions. La société civile elle-même n'en débat que très peu. Que peut-on faire pour enfin lancer et animer des débats sur ces questions vitales ?